Interview d’Arthur Leportier, expatrié en Suède

 

 

 

Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas

J’ai 25 ans et je viens d’Yvrandes, un petit village situé à 15 min de Vire, en Normandie. Je suis en Suède depuis 6 ans maintenant et je suis lad, salarié au sein de l’écurie Fredrik B Larsson depuis 4 ans et il m’arrive aussi de driver. Nous sommes situés à Erikssund, à 30 minutes de Solvalla. Nous avons 20 chevaux à l’entraînement. Il possède un grand domaine qu’il partage avec son frère Henrik Larsson et son cousin Peter G Norman eux aussi entraîneurs. Il y a tout ce qu’il faut pour l’entraînement : une piste ronde, une ligne droite de 800m, une piste fouillante de 800m également, une cote de 600m, un parcours dans le bois de 3 km ainsi que la possibilité d’entraîner sur l’herbe à l’occasion. C’est un domaine magnifique.

Comment se retrouve t-on en Suède à l’âge de 25 ans ? Quel a été votre parcours ?

Je suis réellement tombé amoureux des courses à l’époque de Jag de Bellouet, j’étais gamin et j’étais vraiment impressionné par sa puissance. Mais avant cela, j’allais souvent avec mes parents voir mon oncle Gervais Jean Gautier courir, qui travaille d’ailleurs actuellement chez Thierry Duvaldestin. J’ai donc décidé d’intégrer l’école de Graignes pendant 2 ans pour obtenir un BEPA tout en effectuant mon apprentissage en alternance chez Christophe Gallier. J’ai ensuite pris la direction de l’école de Grosbois pour obtenir un BacPro. J’ai fait à cette époque mon apprentissage d’un an chez Jean-Luc Dersoir et un an chez Matthieu Abrivard. Sortie de l’école, je suis rentré aux services d’Etienne Lefranc en tant que salarié pendant 10 mois puis j’ai pris la direction de la Suède. J’ai alors eu la grande chance de commencer mon aventure chez Stefan Hultman chez qui j’ai beaucoup appris, le domaine est formidable et les gens ont été fantastiques avec moi. Stefan étant tombé malade, j’ai donc décidé de changer et d’allez chez Peter Untersteiner pendant 3 mois et je suis maintenant chez Fredrik B Larsson depuis 4 ans.

Et pourquoi avoir eu l’idée d’une expatriation en Suède si tôt ?

J’ai été attiré par la Suède car on avait fait un stage de 2 semaines avec l’école de Grosbois dans leur prestigieuse école de Wangen. J’ai été stupéfait par le mode de vie, la gentillesse et le respect des gens et je me suis dit que j’y retournerais un jour. J’ai l’impression que je m’épanouis beaucoup plus ici qu’en France. Et puis j’ai eu l’occasion de revenir un peu en France avec mon chouchou Love Dancer.

Quel est votre plus grand rêve professionnellement parlant ?

J’en ai déjà réussi un rêve qui était de gagner en tant qu’entraîneur en France avec mon premier cheval qui plus est, cela a vraiment été extraordinaire niveau sensations. C’était Love Dancer à Pornichet La Baule dans le Grand Prix de la Ville le 2 Août 2019 et c’est un souvenir indélébile.
Maintenant le graal, c’est l’Elitlopp. L’ambiance est magique et le feeling y est unique.

Justement, ce samedi est un grand jour pour vous puisque le cheval dont vous vous occupez sera le favori de la belle course du jour à Aby dans le Paralympiatravet final

Milliondollarrhyme (1105) n’est pas encore à 100% et restera ferré. Son grand objectif sera l’elitlopp le 31 mai prochain et par la même occasion notre grand objectif. On va essayer de vraiment le sublimer pour le jour J. Cela dit, il a effectué une très bonne rentrée et va faire sa course.

De quel adversaire vous méfiez-vous le plus ?

Je respecte vraiment tous nos adversaires car ce sont tous des champions mais si il faut que je ressorte un nom, ça serait Cyber Lane.

Quel regard portez-vous sur les courses suédoises et lesquelles préférez-vous ?

Je ne vais pas cacher que je préfère les courses françaises aux courses suédoises. Mais le respect entre driver est primordial et très respecté ici.

Avez-vous quelques chevaux à nous conseiller de votre écurie ?

On compte beaucoup sur Master Blaster cette année. Il y a aussi Livenletdiefor’em qui est une pouliche de 3 ans et qui devrait également nous faire plaisir.

Quel regard portez-vous sur l’hippodrome d’Aby et de son fameux open stretch où vous allez courir demain ?

Il y a du pour et du contre. Le pour, c’est que les courses sont sans doute plus intéressantes à regarder du fait que les drivers doivent la prendre en compte et tenter plus de choses que sur une piste sans. Et le contre, c’est justement cet aspect tactique que les drivers des chevaux à la corde n’ont pas à prendre en compte.

Quels sont vos hippodromes préférés ?

Vincennes, c’est le must et Solvalla l’ambiance y est très sympa. Celui que j’aime le moins Romme, il m’a toujours porté malchance.

Quelques autres chevaux a nous conseiller tout au long du week-end ?

Mis à part Milliondollarrhyme, Livenletdiefor’em va courir à Solvalla dimanche, sa rentrée fut bonne. Elle n’est pas à 100% mais ne nous surprendrait pas à prendre une part active à l’arrivée. Pour sortir de l’écurie, il faut à mon avis accorder un grand crédit aux pensionnaires d’Alessandro Gocciadoro ce samedi à Åby.

Pour terminer cet entretien, quels sont vos prochains objectifs ?

Mon objectif à long terme est de devenir entraîneur. Dans quel pays ? C’est à voir en fonction de comment vont repartir les courses françaises. En Suède, c’est difficile car les entraîneurs pour la plupart vivent seulement des pensions.

Merci Arthur pour cet entretien et bonne chance pour demain.

Vous aimerez aussi...